La Bourse ou la vie!
par Denis Grozdanovitch
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Ce jour-là, en l’occurrence, tous mes co-passagers étaient apparemment catastrophés par les inévitables alarmes permanentes d’un monde financier—lui-même virtuel— auquel ni eux ni les prétendus spécialistes (il n’était que de constater les querelles contradictoires des prétendus experts pour s’en convaincre) ne comprenaient goutte. Comme si la grosse machine fictive s’était soudain emballée d’elle-même et que personne n’était plus capable de la maîtriser. Mais comment s’en étonner vraiment lorsqu’on prenait conscience de l’écart chaque jour grandissant entre nos désirs profonds et les théories planificatrices des technocrates enfermés dans leurs schémas ?
L’économie elle-même, ce vieux mot sur lequel était censé se fonder notre existence matérielle, se retrouvait inféodée et totalement dépendante d’une sorte de double virtuel presque imaginaire —à base d’équations mathématiques et de courbes graphiques— désigné comme «La réalité économique», la dette, le PIB ou que sais-je encore ?Or, pendant ce temps-là, derrière les vitres teintées de notre aveuglement volontaire, la planète se réchauffait à une vitesse imprévue, les pesticides polluaient irrémédiablement la terre, les rivières et les forêts puis s’écoulaient dans nos veines, surchargeant les hôpitaux de cancers divers et variés, et la plupart des espèces animales sauvages étaient en voie de disparition... y compris ces pauvres abeilles dont on avait tout lieu de penser qu’elles nous étaient indispensables. Mais, bien entendu, il fallait absolument continuer de maintenir le taux de croissance économique, soutenir et glorifier le jeu de poker fermé que jouaient entre eux, dans leurs bunkers climatisés, les grands enfants gâtés et arrogants de la finance internationale !
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