Le Pôle écologique du PS s'efforce de faire bouger les positions des principaux leaders
LE MONDE 27.09.08
Pour M. Guibert, aucun des prétendants au poste de premier secrétaire du PS "n'appréhende la crise écologique comme la vraie crise structurelle d'aujourd'hui qu'il faut intégrer à tous les niveaux de la réflexion politique". Il espère que sa motion atteindra, au congrès, le seuil minimal de 5 % des voix (dans 15 fédérations) qui garantit d'être représenté dans les instances nationales du parti.
Christine GarinArticle paru dans l'édition du 28.09.08
Après avoir été beaucoup courtisés, ils ont décidé de concourir en solitaires. Les animateurs du Pôle écologique ont déposé leur propre motion en vue du congrès de la mi-novembre. Intitulée "Pour un Parti socialiste résolument écologique", elle a été présentée au conseil national du 23 septembre par Christophe Caresche, député de Paris et ancien adjoint de Bertrand Delanoë qui avait d'abord soutenu ce dernier. A ces côtés, parmi les premiers signataires du texte, figure Nicole Bricq, sénatrice de Seine-et-Marne proche de Dominique Strauss-Kahn et Géraud Guibert, secrétaire national à l'environnement du PS, longtemps proche de Laurent Fabius. Dans les jours précédant le conseil national, le Pôle écologique a failli faire affaire avec Pierre Moscovici qui se cherchait, alors, un terrain d'atterrissage. Bertrand Delanoë espérait, de son côté, absorber dans son sillage cette nouvelle sensibilité. Il n'a guère apprécié la volonté d'autonomie - au moins provisoire - des écologistes du PS, d'autant qu'il s'était dépensé sans compter pour les convaincre de le rejoindre.Le maire de Paris est le seul, parmi les candidats à la succession de François Hollande, à les avoir reçus personnellement, en juin.C'est sa position sur le nucléaire qui a fait obstacle au rapprochement. Dans leur contribution, diffusée le 2 juillet auprès des militants, M. Delanoë et ses amis écrivaient qu'il fallait considérer la filière nucléaire comme "un atout" assurant 85 % de la production française d'électricité et qu'ils n'étaient "pas partisans d'une sortie du nucléaire", même s'ils jugeaient souhaitable de "diversifier" les sources d'énergie renouvelables. L'action de lobbying du Pôle écologique a porté. Dans la motion présentée le 23 septembre, l'ordre des facteurs a changé : les énergies renouvelables sont devenues la "priorité" et c'est "dans ce contexte, souligne le texte, que se pose l'avenir de la filière nucléaire française".
TAXE CARBONE
Le maire de Paris n'est pas le seul à avoir infléchi sa position. Ségolène Royal a ajouté à sa motion un paragraphe sur la fiscalité écologique, "instrument privilégié pour l'évolution des comportements" et elle demande que le PS prenne position pour la mise en place d'une "taxe sur le CO2" - autrement dit une taxe carbone. Un paragraphe intitulé "réduire notre consommation d'énergie" a aussi été ajouté. "Avec la taxation des émissions de CO2 c'est, pour nous, un enjeu clé", note M. Guibert. Un bon point, donc, pour Mme Royal qui est toutefois épinglée pour ses déclarations du 19 septembre sur la nécessité de baisser la fiscalité sur l'essence, "en contradiction totale avec le principe de la taxe carbone" souligne Nicole Bricq.
Martine Aubry n'est pas en reste. Elle aussi a précisé, durant l'été, ses intentions sur la fiscalité écologique qu'elle souhaite "incitative et redistributive". "Insuffisant", estiment les animateurs du Pôle pour qui la maire de Lille reste "faible sur les propositions concrètes".
Martine Aubry n'est pas en reste. Elle aussi a précisé, durant l'été, ses intentions sur la fiscalité écologique qu'elle souhaite "incitative et redistributive". "Insuffisant", estiment les animateurs du Pôle pour qui la maire de Lille reste "faible sur les propositions concrètes".
Pour M. Guibert, aucun des prétendants au poste de premier secrétaire du PS "n'appréhende la crise écologique comme la vraie crise structurelle d'aujourd'hui qu'il faut intégrer à tous les niveaux de la réflexion politique". Il espère que sa motion atteindra, au congrès, le seuil minimal de 5 % des voix (dans 15 fédérations) qui garantit d'être représenté dans les instances nationales du parti.
Christine GarinArticle paru dans l'édition du 28.09.08
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